vendredi 21 août 2009

La course

Bonjour à tous!

À peine 3 semaines au Mexique et je néglige déjà cette chose étrange qu’est le blogue...

C’est que les deux dernières semaines ont été plus qu’occupées. En effet, quelques heures à peine après vous avoir écrit que nous avions trouvé une maison, la propriétaire nous a téléphoné pour nous annoncer que le locataire actuel avait décidé de rester... tout cela à 2h d’aller signer notre bail... Grande déception, mais en même temps c’était le défi de trouver quelque chose d’encore mieux! Et nous nous y appliquâmes corps et âme durant 10 jours, passant les petites annonces en revue chaque jour, parcourant les rues à la recherche de la perle rare, téléphonant, visitant (le plus souvent sous la pluie battante que nous avons presque tous les soirs, saison des pluies oblige). Nous en avons vu de toutes sortes, le summum étant un appartement médiéval (oui oui) avec des arches en briques et un faux-foyer (avec des bûches en plastique!!!). Nous avons finalement trouvé cette semaine, pas une maison mais un joli appart très lumineux avec un grand balcon où j’ai bien l’intention de faire pousser des bougainvilliers (une plante qui fait de très belles fleurs et qu’on trouve à tous les coins de rue ici).

Mes petits poumons s’habituent tant bien que mal à la pollution et au smog perpétuels planant sur la ville, mes nerfs sont mis à l’épreuve chaque jour par la circulation automobile et les embouteillages chaotiques (si vous pensiez que les piétons, les cyclistes et les automobilistes de Montréal se livraient une lutte féroce, vous n’avez rien vu!) et je teste ma patience avec la bureaucratie : j’ai mis des jours à avoir un horaire, une semaine et demi pour m’inscrire à mes cours et je n’ai toujours pas l’ombre d’un cours d’instrument. La secrétaire de la Faculté m’appelle «Ale», tellement on se voit souvent. Ça c’est sans parler des formulaires à remplir à la machine à écrire pour obtenir mon visa. Sans blague, ce serait long de tout vous raconter, mais l’image qui m’est fréquemment venue en tête est celle d’Astérix et Obélix, dans la bd des Douze travaux, qui doivent obtenir un formulaire dans un édifice et qui se font renvoyer constamment d’un étage à l’autre jusqu’à devenir fous... J’essaie de demeurer philosophe et me dit qu’une fois que tout sera réglé, j’aurai la paix le reste de l’année.

Le système scolaire est assez différent. J’ai appris à mes dépens que la première semaine de cours n’en est pas vraiment une; soit les professeurs ne se présentent pas, soit ils arrivent une heure après le début du cours. Tous mes cours ont changé soit d’horaire ou bien de local.

De ce que j’ai pu voir jusqu’à maintenant, ça semble bien prometteur. La vision des professeurs est très sociale et ils insistent beaucoup sur le devoir du musicien d’aider la communauté, de devenir acteur de changement social. Je suis plus ou moins déjà inondée de travaux et de lectures (consolez-vous chers étudiants québécois encore en vacances).

Le rythme de vie est aussi passablement différent. Ici on mange plutôt deux fois par jour, soit le matin et en fin d’après-midi (la plupart des bureaux et des services sont fermés entre 15h et 17h et les gens vont manger). Il me semble que les gens se témoignent beaucoup plus d’affection (je sais pas vous, mais moi j’avais jamais embrassé mon professeur en entrant dans un cours!), et paradoxalement il semble régner une grande indifférence vis-à-vis des autres (le meilleur exemple qui me vienne en tête est le mépris total des automobilistes envers les piétons). Bref chaque jour apporte son lot de découvertes, mais suis déjà installée dans un pseudo-quotidien qui me plaît bien.

La nourriture est excellente en général (à essayer : la pizza avocats-frijoles!! Mioum mioum). Le hic : il y a du sucre dans tout et c’est incroyable la quantité de boissons gazeuses qu’ils consomment (pas étonnant qu’ils aient plus haut taux de diabète au monde).

Bref, j’ai connu mon lot d’exaspérations ces derniers jours, mais tout semble se mettre en place lentement. J’ai hâte de vous écrire de mon appartement! Nous commençons tranquillement à déménager des boîtes en fin de semaine.

Je continue d’être totalement émerveillée par cette ville se met en marche chaque jour par je ne sais quel miracle, où tout est plus ou moins démesuré, chaotique, mais où tout semble possible à la fois...

Un beso muy fuerte,

Alexandra

jeudi 6 août 2009

au pays des Chilangos

Bonjour à tous!

Tenez-vous le pour dit: les vols directs Montréal-México ne sont pas toujours directs! Je l'ai appris à mes dépens samedi... Après avoir attendu au sol plus d'une heure un passager qui ne s'est jamais présenté, cherché et sorti ses bagages qui étaient déjà dans la soute, nous décollons enfin. Peu après, le commandant de bord nous demande s'il y a un médecin à bord de l'avion (vous vous imaginez à quel point c'est rassurant). Nous avons dû aterrir d'urgence à Atlanta, car un agent de bord était malade et ne pouvait continuer. Moyennement reposant comme vol!

Mais bon, m'y voici enfin, au pays des Chilangos (ainsi se nomment les habitants du Districto Federal). Difficile de vous décrire le sentiment que j'ai ressenti alors que l'avion survolait la ville qui s'étend à perte de vue, comme une folle tache de couleur au creux des montagnes.

J'ai aterri chez Raúl, un Mexicain ma foi extraordinaire, qui m'a accueillie dans son appartement comme si nous nous connaissions depuis toujours. J'avoue que la sympathie et l'esprit de communauté des Mexicains qu'il m'a été donné de connaître jusqu'à maintenant sont exceptionnels (impossible de sortir d'un lieu sans faire une tournée générale de bisous et d'accolades!)
C'est un peu l'auberge espagnole ici. Les amis entrent et sortent; il y a toujours quelqu'un prêt à faire la conversation. C'est un peu frustrant de ne pas pouvoir dire tout ce que je voudrais dire, mais bon je m'en sors pas trop mal côté espagnol (du moins les gens ont l'air de bien me comprendre!) J'ai joué les touristes avec deux amis allemands, et j'ai pu constater qu'il n'y avait par contre définitivement pas de place dans ma tête pour quatre langues en même temps!

Entre deux conversations sur le zapatisme et la langue qu'on parle à Montréal (nonnnnn nous ne sommes pas tous bilingues, expliquai-je à plusieurs reprises), j'ai (re)visité le campus de l'UNAM, saisissant de plus en plus pourquoi on dit de cette université qu'elle est une ville dans la ville; 250 000 étudiants et 35 000 professeurs, un stade, une épicerie (?), une trentaine de musées, une réserve naturelle et un réseau d'autobus parcourant le campus jusqu'à 22h... on est loin de l'Université de Montréal!
La Faculté de musique, où nous sommes allés dimanche, contraste légèrement du campus avec sa taille d'école... primaire (et encore, une petite école primaire!). Ça semble tout de même bien sympathique, et ce sera relativement près de mon nouveau chez-moi, parce que oui, j'aurai dans trois semaines une nouvelle maison dans le quartier Copilco, que je partagerai avec Raúl, Ricardo, un Chilien, et Anaíd, une Mexicaine, tous sympas, drôles et chaleureux!

Voilà pour l'instant,... il me semble que j'aurais tellement de choses à vous dire, mais ça viendra bien!!

Je vous embrasse tous et pense à vous!

Ale (prononcez Alé), mon nouveau nom, puisque le x semble problématique pour les hispanophones!!